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Le blog de Memory 27

Le blog de Memory 27

Ce blog est dédié au patrimoine et à la mémoire. Mémoire des pierres, mémoire des hommes. Nous sommes tous potentiellement des "passeurs de mémoire".

Publié le par Memory 27
Publié dans : #Histoire

Pierre DURAND

 

Ce jardin public porte le nom de son créateur André Faugère et fut offert à la ville de Verneuil par sa veuve en 1978, en souvenir de son mari qui l'avait créé de toutes pièces, l'agrandissant par l'achat de terrains autour du Moulin de la Tour Grise. Il en fit un magnifique jardin, cherchant à y intégrer les clochers et tours de la ville par des trouées dans le paysage.

André Faugère était un amateur d'art et d'histoire et, professionnellement, spécialisé dans la publicité. Il s'était engagé dans différentes commissions auprès de la Fédération Française des Publicitaires de Spectacles, et dans les Intersyndicales. Il assurait les régies de journaux et de divers théâtres parisiens. Arrivé dans la région après la guerre, il s’installe d’abord à Montigny-sur-Avre puis à Verneuil. Entré au Syndicat d'Initiative de Verneuil en 1960, il entreprend de « lancer » la vallée d'Avre à laquelle il était très attaché.

Sa mort brutale en 1964 interrompit l'exécution de cette idée qui lui était chère. Il repose à Montigny-sur-Avre auprès de son fils.

 

 

Editions ASEVE - 32 pages - 2008


Couv Faugère

 


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Publié le par Memory 27
Le musée de la Tour Grise de Verneuil-sur-Avre

La Tour Grise aujourd’hui est devenue un des emblèmes de la ville de Verneuil. Depuis quelques années elle abrite un petit musée : le musée de la Bataille de Verneuil (1424), créé à l'initiative de Régis Billon, président du Comité des Fêtes de la ville. Il ouvre à nouveau ses portes pour la saison 2016, et offre aux visiteurs une nouveauté : un plan maquette de Verneuil au début du 13ème siècle, essai de reconstitution, réalisé par Charles Laxenaire et Manu Lebrero.

Réouverture le samedi 9 juillet.

Horaires : tous les jours sauf le lundi, de 14h00 à 18h00

Historique

La ville de Verneuil-sur-Avre s’enorgueillit de son riche passé de ville frontière entre la Normandie et le Royaume de France. Fondée en 1124 par Henri Ier Beauclerc, elle fut reprise aux Normands par Philippe Auguste en 1204.

Celui-ci fit construire une tour impressionnante face au château normand. C’est, avec la Fauconnerie et quelques remparts subsistant autour de l’ancienne Abbaye St Nicolas et à l’arrière de l’actuel cinéma Trianon – anciennement chapelle de l’Hôtel Dieu du XIIème siècle - un des seuls témoins d’architecture militaire de notre ville. Le roi de France avait ainsi l’habitude de construire sa propre tour-maîtresse en dehors du château ducal, dans la double intention de moderniser les structures défensives – pour s’adapter aux progrès de la guerre de siège – et de marquer symboliquement sa domination.

Notons, en comparaison avec les autres tours de ce roi, qu’elle a un diamètre sensiblement plus large que la moyenne (> 16 m au dessus-du fruit) et que seul le premier niveau est voûté si bien qu’elle possède des proportions plus trapues. Elle est construite en parement de grison et blocage de silex, seuls matériaux utilisés alors à Verneuil.

Pendant un siècle et demi, compte-tenu de la longue période de paix qui succéda aux guerres franco-normandes, la Tour Grise ne fut jamais utilisée pour ses fonctions militaires. Elle semble avoir abrité des fonctions judiciaires, comme l’atteste en 1328 la constitution du « ressort français de la Tour Grise » pour la circonscription de Châteauneuf-en-Thymerais. Elle fut néanmoins mise à contribution dans la deuxième moitié de la guerre de Cent Ans, en particulier lors de la libération de Verneuil à l’aide du meunier Jean Bertin en 1449.

La Tour Grise participa encore activement à la défense du château lors de la libération de Verneuil (1449) et fut endommagée. En 1652, des Frondeurs s'y réfugièrent, à la suite de quoi Louis XIV ordonna sa destruction, mais en raison de sa solidité l'ordre ne fut pas exécuté.

La Tour Grise fut classée MH dès le 19ème siècle. Acquise par un particulier, un certain Duval, elle subit de nombreuses défigurations, telles que la construction d’un restaurant à son sommet. A la suite de ces travaux le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts prononça son déclassement le 27 juin 1892. Quelques années plus tard l’activité commerciale cessa et la tour resta abandonnée. Ce n’est qu’en 1954 que la ville de Verneuil en fit l’acquisition et avec l’aide des services des Bâtiments de France des travaux lui redonnèrent l’aspect que l’on connaît aujourd’hui, respectueux de son histoire, et elle fut inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques à titre conservatoire. Une demande de re-classement effectuée par la ville de Verneuil en mars 2011 aboutit en ce début d'année 2016 au classement Monument Historique. Des travaux de mise hors d'eau sont entrepris par la ville : couverture provisoire, étanchéité du chemin de ronde, jointoiement des pierres de grison dans la partie haute de la tour. Ces travaux permettent maintenant aux visiteurs d'avoir une vue à 360° sur la ville les alentours. A noter également, la présentation d'une maquette de la cité de Verneuil au XIIIème siècle.

Bibliographie :

- Astrid Lemoine-Descourtieux - Le château de Verneuil-sur-Avre – ALD-FG EDITIONS – 2012

- Astrid Lemoine-Descourtieux – La Frontière Normande de l'Avre – PURH - 2011

Le musée de la Tour Grise de Verneuil-sur-Avre
Le musée de la Tour Grise de Verneuil-sur-Avre
Le musée de la Tour Grise de Verneuil-sur-Avre
Le musée de la Tour Grise de Verneuil-sur-Avre

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Publié le par Memory 27
Les églises de l'Eure à l'épreuve du temps

Les églises de l'Eure constituent un patrimoine tout à fait remarquable, fort de plusieurs centaines d'éléments, allant des périodes les plus anciennes du Haut Moyen Âge jusqu'aux plus récentes de l'après Seconde Guerre Mondiale. Mais, comme pour beaucoup de choses que l'on a trop l'habitude de voirsans véritablement les regarder, les églises méritent que l'on s'y attarde.

Témoins du passage du temps et de l'évolution de la société, ces édifices cultuels ont abrité tous les moments de la vie des habitants de nos cités, de la naissance à la mort, de la joie à la peine.

Cet ouvrage écrit sous la direction de France Poulain, architecte et urbaniste en chef de l'Etat, docteur en urbanisme et aménagement, nous propose une réflexion sur le passé, le présent et l'avenir de nos églises. De très nombreux sujets sont abordés par une quarantaine d'auteurs de tous horizons, de toutes disciplines, qu'ils soient archéologues, historiens, responsables religieux, ou simples amateurs du patrimoine. Cet ouvrage est né des Ateliers du Patrimoine de l'Eure animés par France Poulain depuis plusierus années.

Un livre indispensable à la compréhension des enjeux de la sauvegarde de ce patrimoine qui nous entoure, et nous permet de mieux appréhender les évolutions sociétales qui ont cours sur le territoire de l'Eure.

Editions " Les Etoiles du Patrimoine" – http/lesetoilesdupatrimoine.over-blog.com

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Publié le par Memory 27
LUC-SUR-MER dans les années 50

Souvenirs d'un lutin... Le blog pourrait se nommer Memory14" !!!

J’ai 7 ans.

Toute la famille est au Petit Enfer, l'hôtel familial : grand-mère Prunier, Papa, Maman, tante Marcelle, tous les enfants, aucun n’est marié à l’époque.

Mon frère Yves travaille chez Jung, le pâtissier de la Délivrande. Ma sœur Marcelle fait ses études d’infirmière.

Mais mes souvenirs sont un peu plus récents, 1955 peut-être. De la fratrie, ne restent plus que Madeleine, Annie et moi. Yves et Micheline ont convolé, et Marcelle ne va pas tarder.

Le Petit Enfer ! Quel nom ! Quels souvenirs !

En face, le Petit Paradis, magasin de jouets et souvenirs tenu par Melle Petit où, quand j’ai un peu d’argent de poche (très peu) que je gagne en aidant mes parents, je vais acheter une Dinky Toys. Avec Christian L, mon copain parisien qui vient en vacances, nous faisons d’innombrables parties dans les ruines du Grand Hôtel.

Mais le Petit Enfer, c’est une vie de famille qui doit se partager avec la vie d’un commerce. Et quel commerce : hôtel, restaurant et bar.

Bien sûr, c’est surtout pendant la saison qu’il est difficile d’allier les deux. Travail et famille. Une utopie ? Non, car maman est là. C’est à la fois la tête pensante et la cheville ouvrière. Un Amour sans retenue pour sa famille. Quelle que soit l’époque de l’année, elle est là : quand je rentre de l’école, le matin pour le petit-déjeuner, qu’il fasse beau ou qu’il y ait tempête.

Et pourtant, c’est elle qui est en cuisine. L’hôtel compte 12 chambres seulement, mais le restaurant peut « faire » avec la terrasse, jusqu’à 120 « couverts ». Et quelle carte ! Hors d’œuvres, entrées, poissons, viandes, fromages, desserts. L’effectif de la cuisine est très réduit : maman aux fourneaux, une femme qui l’aide et fait la « plonge ». En saison personne ne chôme. Chacun a sa place et sa tâche.

Au bar, c’est ma sœur Annie qui officie. Et elle a fort à faire ; le matin livraison des pains de glace. Il fallait voir le livreur portant sur l’épaule ces pains qui devaient mesurer plus d’un mètre de long ; il livrait tous les bars et restaurants du front de mer : Beau Rivage « chez Victor », Soleil Levant, de la Plage, Ermitage, des Bains, j’en oublie peut-être. Il fallait ensuite les briser au pic à glace, faire la répartition entre la chambre froide près de la cuisine (pour la viande et le poisson) et les compartiments froids du bar pour les boissons. On ne parle pas encore de réfrigérateur dans ces années là. Annie fait aussi la cave, qui reçoit les livraisons de sodas et autres jus de fruits et bières en bouteilles, sans oublier les siphons d'eau de Selz. Il faut aussi veiller à ce que tout soit propre : le bar (en étain), les étagères à verres (en verre), les tables, les chaises, etc… Pas une minute à perdre.

Ma tante elle, est préposée aux chambres : c’est la gouvernante de l’hôtel et la lingère ; elle a aussi en charge les petits-déjeuners. Elle distribue le travail aux femmes qui sont embauchées pour la saison. Mais elle a aussi une particularité : c’est une lève-tôt. Le matin à 5 heures elle est debout et après son café, elle passe le parquet de la salle à manger à la paille de fer – c’est vrai que ce parquet de chêne était usé, mais qu’il était beau – et à la brosse avec de l’encaustique. Il fallait que ça sente bon.

Du 1er juillet au 31 août, l’hôtel est plein et le restaurant aussi. Les clients qui viennent passer les vacances à Luc restent souvent, à cette époque, pendant un ou deux mois. Et ils sont fidèles, nous les revoyons d’année en année. Dans les années 60 cette durée commencera à diminuer : 15 jours à trois semaines.

Pour l’enfant que je suis, la saison est une période un peu de rêve, dans ma mémoire en tous cas. Mon esprit « positif » a peut-être aussi gommé les mauvais moments, car je ne puis imaginer que tout se soit toujours passé comme sur des roulettes.

Le matin j’allais à la gymnastique. J’aimais beaucoup ces séances de plein air, malgré la voix forte de Monsieur Thiriau, qui ne nous laissait aucun répit. J’aimais beaucoup moins les cours de natation de Monsieur Champion, et j’essayais par tous les moyens d’échapper à sa vigilance, et parvenais parfois à sortir de l’eau pour rentrer me cacher à la maison. Il lui est arrivé de me courir après et de me ramener de force dans l’eau. Je n’ai jamais appris à nager, un comble pour quelqu’un qui est né au bord de la mer.

A la gymnastique il en allait autrement : nous étions nombreux et de tous âges, garçons et filles. La séance commençait toujours par une sorte de ballet bien rôdé, où, classés par âge et taille, nous marchions au pas cadencé en chantant Les gars de la marine, même les filles, puis en faisant des exercices de respiration. Les disciplines étaient très variées : course, saut en hauteur, saut en longueur, corde lisse, perche, barre fixe, barres parallèles, toboggan, échelle horizontale, espalier … et je garde le meilleur pour la fin : l’échelle dorsale. Aïe, aïe, aïe. Tout le monde y passait, et c’était toujours monsieur Thiriau qui officiait. Le toboggan en bois, très haut pour l’enfant que j’étais, était très impressionnant et plus d’un y montait, les premières fois avec beaucoup d’appréhension. Ceux qui ne voulaient pas étaient pris par la main et tirés jusqu’en haut puis lâchés sur la pente. Aucun n’y échappait. Les parents regardaient le cours d’en haut, ils étaient nombreux et restaient pendant toute la séance pour voir si leur rejeton allait tenir le coup. Il y avait de temps en temps des pleurs : la peur et aussi des vis qui dépassaient et vous écorchaient. Rien de grave.

Pendant ce temps, la famille faisait les derniers préparatifs. Le couvert était mis, les tables vérifiées par ma tante et ma sœur Madeleine. Madeleine était le maître d’hôtel de la maisonnée.

Mais tout commençait au bar : l’heure de l’apéritif voyait arriver les habitués, ils avaient leur table attitrée, ainsi les professeurs d’éducation physique qui venaient se délasser en faisant quelques parties de belote et se rafraîchir avec quelques verres d’apéritif anisé. Pour d’autres l’apéritif pouvait se jouer au 421. Quand Annie les voyait arriver elle préparait le jeu, le mettait sur la table. Ils n’avaient pas besoin de demander. Les habitués remplissaient la salle de bar, tandis que les touristes occasionnels se mettaient en terrasse.

Au restaurant, les clients arrivaient en fonction de l’heure de la marée. L’heure du repas était calculée en fonction de la marée haute. A cette époque il ne fallait pas prendre de bain de mer pendant la digestion. Il est vrai que l’eau de la Manche ne dépasse guère les 18°. Le matin peu allaient en fait à la plage, sauf si le temps était très chaud et la mer pleine vers 11 heures. Certains clients faisaient une cure « hydro-iodo-sodique » à l’établissement thermal. Ils étaient encouragés tous les jours à midi pile par Monsieur Pierre Laurent, le maire, qui prenait le micro au Syndicat d’Initiative, pour vanter les bienfaits de la cure, les bienfaits du varech de Luc qui « rajeunit le vieillard et fortifie l'enfance », et sa plage. Luc-sur-Mer, Plage n°0 (pour être avant Cabourg qui s’était déclarée plage n°1 de la Côte de Nacre). Monsieur Laurent terminait cette harangue en chantant « J’irai revoir ma Normandie, c’est le pays qui m’a donné le jour ».

Les pensionnaires de l’hôtel avaient un menu fixe, différent à tous les repas. Pour la clientèle de passage, plusieurs menus étaient proposés en plus de la carte. Chaque matin ma sœur Madeleine les tapait à la machine, une vieille Remington, avec du papier carbone pour en faire plusieurs exemplaires à la fois. Les commandes prises arrivaient en cuisine, au « passe », et étaient « aboyées » par ma sœur ou les serveuses – je me souviens de Geneviève – habillées jupe noire, corsage blanc et petit tablier blanc. Tout le monde courait lorsqu’il y avait foule. En cuisine c’était silencieux. Maman enregistrait les commandes, aucun mouvement de trop, pas de temps perdu. Il fallait ouvrir les huîtres, faire les hors d’œuvres, préparer un homard, lever des filets de sole, surveiller les cuissons, décorer les plats – avec du cresson pour les viandes –, battre des œufs en neige pour les omelettes norvégiennes et les soufflés – j’entends encore le bruit régulier du fouet qui frappe le poêlon en cuivre - ; la serveuse devait être prête, car le soufflé ne devait pas attendre, et surtout pas de courant d’air qui aurait pu faire retomber le soufflé. Il y avait aussi les glaces, préparées maison, dans une sorbetière, cet appareil que l’on tournait avec une manivelle, qui était refroidie par de la glace baignant dans de l’eau salée (saumure) dans un seau en bois. Je l’ai souvent tournée, et plus la glace prenait, plus c’était dur.

Papa s’occupait de la cave : rangement des bouteilles, préparation de la cave de jour avec les vins les plus demandés, les vins les plus anciens et les plus chers attendaient sagement que l’on vienne les chercher. Il y avait trois caves : la cave à vins en sous-sol, une cave très ancienne voûtée et sol en terre battue ; la cave à bouteilles vides ; la cave à charbon. Le gaz n’alimentait pas encore le fourneau et il fallait porter les seaux de charbon pour alimenter le feu.

Enfin, à la fin du service, tout le monde se mettait à table, le personnel de salle, la famille. Certains jours nous devions attendre jusqu’à 3 ou 4 heures de l’après-midi. Quelques années plus tard, cet ordre a été changé : le déjeuner était pris avant le service.

Mais j’avais parfois un régime de faveur. Les pensionnaires venaient passer quelquefois leurs vacances en famille, et quand il y avait une petite fille de mon âge qui accompagnait ses parents, la maman seule souvent car le papa lui continuait à travailler et ne venait rejoindre sa femme qu’en fin de semaine, j’étais invité à leur table. Je vivais la vie de vacance de la petite copine.

Après le déjeuner nous allions à la plage.

Les après-midi passaient ainsi : plage, promenades sur la digue, baignade à marée haute ou pêche « à pied » à marée basse, promenade, par grand vent, au parc municipal. Pendant que les enfants jouaient, les mamans, sous leur parasol, leur tente ou encore à l’abri d’une cabine, tricotaient. Il y avait également le manège des Mérieux. J’étais un habitué. Pour avoir un tour gratuit il fallait attraper la queue du singe que monsieur Mérieux faisait danser au bout d’une corde, et qu’il me laissait attraper … lorsqu’il le voulait bien. Les Mérieux habitaient dans une roulotte juste à côté du manège. A force de fréquenter le manège j’avais fait connaissance de Catherine leur fille, et il m’est arrivé de partager un de leurs repas. Quelques années plus tard, Catherine prendra la suite de sa mère au stand de tir aux ballons qui était dans le bas de la descente, vers la digue, juste sous le manège.

Le soir il était de tradition pour la plupart des estivants de faire une promenade digestive sur la digue. Il y avait le passage obligé par la « guigui », cette sucette de guimauve enroulée autour d’un bâton. La « mère guigui » ainsi que l’on appelait la patronne de ce haut lieu de la saison lutine, préparait devant tout le monde sa fameuse pâte : elle chauffait du sucre pour en faire un caramel auquel elle ajoutait des parfums de toutes les couleurs : menthe verte, framboise rouge, fraise rouge plus clair, citron jaune, etc. Le plus délicat était la cuisson : pas assez, la consistance était trop molle, trop de cuisson et c’était trop dur. Elle l’étalait ensuite sur le marbre pour la travailler ; puis elle en faisait un gros boudin qu’elle passait par-dessus un crochet, et c’était la séance d’étirage et de pliage. Je ne saurais dire combien de tours elle faisait, mais on voyait la pâte, presque transparente au début, devenir opaque pour prendre sa couleur définitive. Sa fille faisait des gaufres et toutes ces odeurs se mélangeaient à l’odeur de la mer.

Il y avait bien d’autres distractions : cirques (tous les ans passait le cirque Grimaldi) qui s’installaient, selon leur taille à la brèche du Moulin ou sur le terrain en face du Grand Hôtel (encore en ruine dans les années 50). C’était le cas lorsque le cirque n’avait pas de chapiteau et que le spectacle se passait en plein air. Dans la journée une voiture avec haut-parleur annonçait la séance : « Ce soir à 21 heures, face au Grand Hôtel à Luc, grand spectacle de cirque en plein air … », parfois les animaux, les clowns et autres jongleurs défilaient.

Dans le parc de la mairie, surtout lorsque le vent de mer soufflait, on venait faire une pause, au calme au milieu des grands arbres, avec tous ses parterres de fleurs amoureusement entretenus par monsieur Journaux. Il y avait là des moutons, toutes sortes de pigeons, poules, lapins, canards, et aussi des paons dont on essayait d’avoir une plume sans se faire voir du garde. La baleine, bien sûr, devant laquelle tous les estivants s’extasiaient. Impressionnant ce squelette, la gueule ouverte avec tous ses fanons, dans son cadre de rochers.

Il y avait le théâtre de verdure cher à monsieur Laurent. C’est là que lors d’un spectacle donné par les enfants du club de gymnastique de Monsieur Thiriau, spectacle dans lequel nous chantions « Il était un petit navire », j’ai voulu embrasser ma cavalière, la fille de Monsieur Victor. Mal m’en a pris… sa réaction me fut cuisante.

Le clou de la saison, le soir, était la retraite aux flambeaux et le feu d’artifice du 14 juillet. La retraite aux flambeaux était exceptionnelle. Le cortège précédé de la fanfare municipale était immense, il s’étalait sur au moins 200 mètres, passant dans plusieurs rues. Les voisins allumaient des feux de bengale à son passage. Mais ce dont j’étais le plus heureux, et le plus fier il faut le dire, c’était de voir mon parrain, Monsieur Laurent, emmener ce cortège, marquant le pas avec sa canne, la levant de temps en temps tel un commandant donnant à ses troupes l’ordre de la charge.

La saison était ainsi ponctuée de points forts. Dans la journée de nombreuses manifestations étaient organisées : le concours de châteaux de sable sur la plage, des tournois de tennis, des jeux pour enfants sur le terre-plein avec entre autres la course en sac, le concours de tricot pour ces dames… et quelques messieurs, le mille mètres nage libre, les régates bien sûr, et surtout, la course aux canards. C’était la grande classique de Luc. Cela se passait dans la mer. On embarquait une dizaine de canards dans une grande cage, sur une barque de pécheur ; d’autres barques restaient à l’affût formant un arc de cercle à une vingtaine de mètres du rivage pour empêcher les volatiles de quitter la zone de jeu. Les concurrents attendaient sur le sable le coup de revolver annonçant le départ. Le maître de course lançait alors un canard à l’eau. C’était au nageur qui arrivait à l’attraper. Spectacle garanti, car les canards étaient dans leur élément et rusaient avec les nageurs en s’envolant sur quelques mètres à leur approche ou en plongeant pour réapparaître quelques mètres plus loin. Oui, il y avait du monde, et dans l’eau et sur le bord, pour regarder ce spectacle. Parfois un volatile plus malin essayait de s’échapper par la plage, mais il était rattrapé par les curieux qui le remettaient à l’eau.

Un grand jour dans la saison estivale était le 15 août. La Fête de la Mer. Une barque de pécheur était montée sur le toit de l’établissement thermal pour servir d’autel pour la messe. Tout était décoré de drapeaux multicolores, de fleurs. Les bateaux aussi qui attendaient que la messe en plein air se termine et recevaient la bénédiction de l’évêque qui présidait la cérémonie. Je me souviens de la venue de Monseigneur Jacquemin. Après la bénédiction des bateaux, une grande procession avait lieu sur l’avenue Guynemer. Je vois encore mon cousin Georges, prêtre, marcher au côté de l’évêque, précédant les bannières des confréries.

Il va sans dire, que tout ce qui se passait à Luc pendant l’été était observé et fixé sur la pellicule par un homme extraordinaire. Photographe de talent, le « père Tribouillard » appelé aussi « père Poussière » ou « Trompe-la-mort » ne perdait pas une miette des événements qui émaillaient la saison. Les photos, noir et blanc, étaient accrochées dans sa devanture, rue de la Mer, sur des fils avec des pinces à linge. Et chacun d’aller voir s’il se retrouvait pour emporter un souvenir. Quelle boutique ! On poussait la porte, la clochette retentissait. Une odeur, que l’on pouvait prendre pour celle des produits utilisés pour ses besoins professionnels, vous envahissait les narines dès le franchissement de la porte. Il vivait là avec ses deux sœurs, Odette et Solange. Grand, maigre, des lunettes descendant sur le bout de son nez, dans sa blouse, toujours la même, « blanche ! », il vous accueillait en souriant. Il y avait autour de lui un bric-à-brac impressionnant d’appareils d’un autre âge. Dans le coin à droite, le studio qui servait pour les portraits, les photos de mariage, avec le tabouret de piano, des ombrelles, des projecteurs. S’il y avait beaucoup de monde dans le magasin, il appelait sa sœur à la rescousse, criant dans l’escalier : « Odette ! Mais enfin, viens, il y a du monde ! ». Odette arrivait, un peu rondelette, dans une blouse aussi « blanche » que celle de son frère. J’aimais beaucoup aller voir le père Tribouillard, le faire parler sur son métier. Avant guerre il était un grand photographe de Caen. Bricoleur de génie, il avait mis au point une caméra. Kodak, m’avait-il dit, l’avait espionné et lui avait volé son invention : un appareil qui lui permettait de prendre 3 photos en rafale. J’en ai quelques unes que je garde précieusement. Il se promenait sur la digue, posait son appareil sur pied et fixait pour la postérité les promeneurs et les vacanciers.

Le casino n’était pas encore reconstruit. Le mini-golf était en cours de construction. Il fut inauguré en grandes pompes. Un gâteau immense le représentant avait été confectionné pour l’occasion.

Personne ne s’ennuyait à Luc. Le spectacle de la mer était permanent et toujours renouvelé. C’était la magie des mers calmes, brillantes dans le soleil, prenant les couleurs du ciel. La magie des tempêtes avec les vagues qui venaient frapper la digue, et le jeu des enfants et des plus grands qui venaient défier les vagues, s’approchant du bord de la digue essayant de calculer où le choc aurait lieu et couraient pour échapper à la douche. La magie du Quilhoc, ce rocher qui se découvrait aux grandes marées, avec la horde des pécheurs à pied suivant le retrait de la mer, qui avec un filet à crevettes, qui avec un pic, un râteau ou autre instrument.

J’ajoute que pour quelques privilégiés, et j’en étais, il était aussi possible de visiter le laboratoire, la villa « Arcisse de Caumont ». Combien de fois y suis-je allé étant enfant. Emerveillé, impressionné et parfois effrayé, par tous ces bocaux placés sur les étagères, dans lesquels baignaient toutes sortes de poissons ou autres animaux marins. Il y avait aussi cette odeur de formol. Parfois j’apportais ma pèche, me sentant important, voulant contribuer à l’avancée de la science.

Que de souvenirs, alors pourquoi ne pas les partager ?

LUC-SUR-MER dans les années 50
LUC-SUR-MER dans les années 50
LUC-SUR-MER dans les années 50

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Publié le par Memory 27
Un prêtre réfractaire vernolien à Londres : l’abbé Jean-Jacques Morel

Le dimanche dernier 26 juin, Verneuil-sur-Avre recevait des pèlerins londoniens. Accompagnés de leur évêque, Monseigneur Phelim, ils venaient célébrer le bicentenaire de la fondation de leur paroisse par un prêtre réfractaire vernolien en l'année 1816. Une messe a été concélébrée en l'église Sainte-Madeleine devant les pèlerins anglais et une assistance nombreuse. En souvenir de cet évènement un portrait de l'abbé Jean-Jacques Morel a été offert au père Julien Palcoux, curé de notre paroisse.

Voici l'histoire de l'abbé jean-jacques Morel :

Jean-Jacques nait à Verneuil le 10 janvier 1766, comme l’atteste son acte de baptême daté du 11 janvier en la paroisse de Sainte-Madeleine, de Jean Baptiste Morel marchand filassier et d’Anne Marguerite Guincestre sa légitime épouse.

Il se destine à la prêtrise et est ordonné prêtre le 3 avril 1790 par l’évêque d’Evreux François de Narbonne. Suivant son ordonnance il aurait été nommé curé de sa propre église paroissiale, Sainte-madeleine, le 26 septembre 1790, puis un mois plus tard de l’église Saint-Just de Bourth. Il serait très vite retourné à Evreux au grand séminaire où il restera jusqu’à la saisie du lieu par les révolutionnaires. Les occupants sont dispersés et l’abbé Morel retourne à Verneuil dans sa famille. Il refuse de prêter le serment constitutionnel et reçoit l’ordre de quitter la France.

Son passeport, publié le 15 décembre 1792, montre qu’il quitte la région pour rejoindre l’Angleterre. Il passe par Conches, Elbeuf, Rouen et Dieppe où il s’embarque. Son ordre de route spécifiait qu’il devait quitter le département dans les huit jours, et la France dans les quinze jours. Il lui a été alloué neuf francs par jours pour ses frais.

Arrivé en Angleterre il passe les quatre premières années de son exil dans le Sussex puis, pour des raisons de santé semble-t-il, va s’installer à Hampstead, à l’époque village proche de Londres, en 1796. La raison de ce choix correspond aussi au fait qu’il y aurait eu en ce lieu environ 200 émigrés français. Il loue une maison, Oriel House, où il peut prendre soin des catholiques français et anglais vivant ici. Il ouvre le premier registre de la paroisse et y nomme cette chapelle provisoire du nom de « Cappella Sancta Maria ». En 1814, beaucoup de réfugiés rentrent en France. L’abbé Morel décide de rester à la demande d’un groupe de catholiques qui souhaitent faire construire une véritable chapelle. Un terrain est rapidement trouvé et le 17 août 1816 la nouvelle chapelle est consacrée.

L’abbé Jean-Jacques Morel restera définitivement à Hampstead où il mourra en 1852 à l’âge de 86 ans.

Madame Diana Dick et sa famille, de la paroisse de St Mary’s Church à Hampstead, recherchent d’éventuels membres de la famille de l’abbé Morel, ainsi que des courriers ou documents qu’il aurait pu leur envoyer.

Présentation du portrait au Père Palcoux et église St mary à Hampstead
Présentation du portrait au Père Palcoux et église St mary à Hampstead

Présentation du portrait au Père Palcoux et église St mary à Hampstead

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Publié le par Memory 27

I - Sa vie, son œuvre

Le docteur Georges Celos se porte volontaire pour partir au front. Il est nommé à Verneuil à l’hôpital complémentaire des Roches où il arrive le 14 août 1914. Il est médecin aide-major de 1ère classe. Dès son arrivée il s’éprend de la ville et de ses monuments. Il va se passionner pour l’histoire de Verneuil. Cette passion lui vaut une belle aventure le jour de son arrivée : « … je viens en ville et, stupéfait de ses richesses archéologiques, je regarde les secrets du passé. Alors on crie qu’un espion est en ville, et je suis arrêté. Mrs Oudin , maire et Pietrera, commissaire, n’acceptent pas mes papiers en règle, ni mes dires.. » . Tout se termine bien heureusement après qu’un médecin des Roches ne témoigne de son identité.

A Verneuil, il est en contact avec le Chanoine Porée qui lui offre « L’Eglise Notre-Dame de Verneuil », écrit par l’abbé Dubois. Il passe son temps libre à regarder les monuments, les statues, et à faire des recherches en archives.

En 1917, vers Noël, il est muté à Rouen à l’hôpital auxiliaire N°10 « une boîte à mouchardages et à paperasses, à l’intérieur, comme vieille classe ». Il reste assez peu de temps, car cette vie loin du front ne l’intéresse pas. Il s’y ennuie à mourir. La Comtesse de Custine, qu’il a connue à Verneuil alors qu’elle était infirmière à l’hôpital complémentaire N°33, intervient en sa faveur et sa hiérarchie l’envoie à Dunkerque comme médecin de la formation militaire à l’hôpital. C’est dans cette ville qu’il vit probablement la période la plus dramatique, mais aussi la plus intense de sa vie : l’avance des Allemands en avril 1918, les grands bombardements de l’été, la Grippe Espagnole. Malgré un emploi du temps très chargé à l’hôpital il en trouve encore, entre deux bombardements, pour continuer ses recherches sur Verneuil à la bibliothèque de Dunkerque. On le voit également parcourir les ruines « au mépris du danger » pour dessiner des maisons bombardées, des vues du port, des bateaux anglais. Il signe alors ces dessins « le M.A.M.[1] Celos ». Cette période de guerre l’a meurtri. On le verra aigri, ayant parfois des difficultés avec sa hiérarchie, ses condisciples ; il revendique aussi beaucoup pour les autres, ceux qui ont mérité et pour lesquels ces mérites n’ont pas été reconnus. C’est un intransigeant.

Après la guerre il rentre à Paris. Le retour est difficile : « Il y a longtemps que j’ai quitté notre glorieuse ville de Dunkerque – 3 années d’après guerre, plus dures que les années de guerre[2] ». Il écrit, traitant de divers sujets (histoire, statuaire, médecine, guerre). Jusqu’en 1912 il avait eu recours à un imprimeur pour l’édition de ses livres (les 3 « Pain Brié » et « Quelques-uns des secrets de Venise »). Il se fâche avec lui et décide d’éditer ses écrits et de les imprimer lui-même sur une presse à bras qu’il a entièrement construite. Il déclare : « le matériel typographique que j’ai créé, s’il donne des résultats encore bien imparfaits, me permet du moins de ne plus dépendre d’un rédacteur ou même d’un typo. Je me suis affranchi pour la plus noble besogne : la réalisation matérielle de ma pensée. » Ses textes ne sont pas préparés à l’avance ; il a appris la typographie et compose directement. On le voit dans ses textes originaux : le premier fascicule, Jean Bertin le libérateur, imprimé en 1921, montre ses difficultés à maîtriser la typographie. En 1922, c’est La Signature du Grand Cardinal ; en 1923 L’Homme de Fer, Une Pierre Tombale, Cinq Pierres ; en 1925 La Raison, l’Être suprême ; en 1926 Verneuil la Belle : la Tour ; et en 1929 La Tête de douleur.

Il revient à Verneuil après la guerre à plusieurs reprises - entre 1922 et 1926 - pour terminer les études sur La Madeleine et sur Notre-Dame qu’il avait commencées durant la guerre. C’est de cette époque que sont datés, pour la plupart, ses dessins, signés Zorzi Célos.

La vie de Georges Célos après-guerre semble un peu confuse, nous avons bien peu d’éléments. Le dernier recueil écrit sur Verneuil date de 1929, viennent après en 1932 Clair de Lune, plusieurs contes de guerre pour amuser les enfants, et en 1934 un ouvrage médical dont il est co-directeur, puis plus rien.

Dans le livret qu’il consacre à son ami Marcel Aumont de Honfleur, en 1925, il apparait très désabusé. Il parle de cette petite ville qu’il retrouve après des années avec beaucoup de nostalgie, mais c’est une grande tristesse qu’il a en lui : « Un monument aux morts rappelle notre marche vers un avenir toujours plus sombre… Et devant les tristesses du futur, je songe que si je ne reste pas à la prochaine … je n’aurai donc plus qu’à attendre le moment de léguer aux Prosecteurs de Clamart[3], le seul héritage que l’État n’ait pas encore taxé : mes os. »

La prochaine arrive, il veut à nouveau s’engager, mais on le lui refuse en raison de son âge. Il ne s’en remet pas et meurt le 20 septembre 1939 dune congestion cérébrale.

[1] Médecin Aide Major

[2] Nuits de deuil, jours de gloire, 1923.

[3] Amphithéâtre d’Anatomie des Hôpitaux de Paris

Georges Célos avait un frère Gabriel archéologue. Lottin de Laval était un grand ami de la famille.

Mes chaleureux remerciements à Gabrielle, la nièce de Georges pour sa précieuse aide.

LE DOCTEUR GEORGES CELOS
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LE DOCTEUR GEORGES CELOS

II – Dessins

Georges Celos nous a laissé un certain nombre de gravures. Elles concernent en grande partie Verneuil, mais également Dunkerque. Pour ces dernières il signe le « M.A.M. Celos » en sa qualité de médecin aide-major. Pour Verneuil il a adopté une autre signature  « Zorzi Celos », en souvenir des ses voyages à Venise. La période relative à ses gravures s’étale de 1898 à 1927.

 

Un ami m’a dit de lui : »C’est un fou ». Il est vrai qu’il a certins côtés excentriques, il est inclassable, mais alors, qu’étiez-vous donc, docteur Georges Celos ?

Médecin, archéologue, ou tout simplement… fou ?

Fou d’Histoire ? A coup sûr, vous l’étiez, vous nous en avez laissé de nombreux témoignages.

Fou d’amour ? Arrivant à Verneuil en 1914, vous êtes follement tombé amoureux de la tour de La Madeleine et de ses statues.

Fou, comme le bouffon du roi ? C’est ce que vous êtes lorsque vous dialoguez avec votre illustre… précurseur, Gutenberg.

Fou, un peu tordu ? Oui probablement, pour vouloir nous prouver que la libération de Verneuil, le 20 juillet 1449, était un dimanche. Que de calculs !

Fou comme excessif ? Quel boulanger, dites-moi, ira « faire ses humanités » pour réussir la fabrication du pain brié ?

Fou comme enragé ? Comment ne pas l’être face à la conduite de certains de vos collègues ou de vos supérieurs en cette période troublée que fut la Grande Guerre !

Fou comme déraisonnable ? Lorsque vous braviez les bombardements de Dunkerque pour aller dans les ruines croquer les vestiges encore fumants de telle ou telle maison.

Fou dépressif lorsqu’en 1939 on vous refuse de partir au front ? Vous n’avez pas supporté ce dernier affront des hommes à votre égard.

 

Mais ne faut-il pas souhaiter qu’il y ait plus de fous comme vous autour de nous ? Car ces fous nous éclairent, forcent notre admiration, nous font réfléchir sur la vie, sur ce qui nous entoure, sur des choses que nous ne voyons plus, car parfois notre vie est terne, sans surprises, et nous voyons les jours défiler sans fin, sans rien.

Oui, Georges Celos, vous étiez fou, et les titres de vos écrits en attestent : La tête de douleur, l’Enfant coupé en morceaux, l’Homme de fer … Mais tout cela a un sens, et vous le dites vous-même : « Il y a rapport entre tout ici-bas. Tout se tient ».

Vous aviez soif, soif de comprendre ce qui était obscur, soif de faire partager vos lumières.

Vous étiez un humaniste, un homme de la Renaissance, cette période de l’histoire qui vous a passionné et dont vous nous avez parlé avec tant de foi, tant de … folie.

LE DOCTEUR GEORGES CELOS
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Le cimetière de Verneuil est situé hors les murs de la ville ancienne, près de la Gueule d'Enfer. Etait-ce le cimetière de l’église Notre-Dame située à seulement 200 mètres ? On ne peut le dire mais la logique voudrait que ce dernier fût déplacé durant la Révolution comme les autres cimetières de la ville et principalement celui de l'église Sainte-Madeleine. Si le cimetière date de la Révolution, la porte d’entrée au cimetière et la croix hosannière sont bien antérieures puisque attribuées au début du 16ème siècle.

La porte d’entrée du vieux cimetière

Elle est formée par un cintre surbaissé retombant sur des pieds-droits terminés par une pyramide à crochets ; les niches des pieds-droits, sous les pyramides, ont été dépouillées de leurs statues ; une vieille porte en fer, à deux battants en forme de herse, avec son ancienne ferrure, en défend l’entrée. Roland Fornari, émet l’hypothèse que les grilles de la porte pourraient avoir été rapportées postérieurement à leur fabrication qui pourrait dater du 14ème ou 15ème siècle.

La Croix hosannière

Elle est formée d’une colonne triangulaire en grès de deux mètres de hauteur et surmontée d’une croix en fer. La colonne est remarquable. Nous découvrons en alternance un grès blanc en pied, puis un grès jaune, un autre grès blanc et un grès jaune au sommet. Les joints rendus apparents sont faits d’un mortier de terre cuite pilée et de petits silex de blocage. Elle présente les caractères typiques du début du 16ème siècle comme en atteste l’inscription figurant en frise sur le bloc supérieur mentionnant l'année 1529 : "L’AN M.D.XXIX JE FUST CY MISE TOUT DE NEUF, PRIEZ POUR CEULX QUI M’ONT FAICT FAIRE & POUR LOEURS AMIS TRESPASSES. QUE DIEU LEUR FACE PARDON". Les deux blocs suivants sont ornés d’ogives dont l’extrados surbaissé est garni de fleurons. Enfin le bloc inférieur présente des lièvres sculptés ainsi que des raisins. C’est un motif purement médiéval souvent associé au monde souterrain. On dit aussi que les lièvres associés au raisin représentent les âmes admises au paradis pour y savourer les fruits de la vie éternelle.

Une croix en fer forgé coiffe le tout.

La croix est accompagnée de deux ambons en grès monolithe. Ils étaient utilisés aux Rameaux pour la lecture ou le chant de l’épître et de l’Evangile.

Comme pour la porte, il est à supposer que la croix appartenait autrefois au cimetière d’une des églises de Verneuil, fort probablement à celui de l’église Sainte-Madeleine si l’on prend en compte l’Atlas Trudaine (1737) indiquant une telle croix proche de son chevet.

De nombreux historiens du 19ème siècle ont signalé ces deux monuments.

Sources

- E. Deslandres, Promenade archéologique à Verneuil-sur-Avre, avec plan et trois héliogravures, Verneuil, 1909 – AD Evreux 3 F 228

- Notice historique sur Verneuil, Paris, Imprimerie de J. Claye, 1869 – Reproduction de l’étude historique sur Verneuil publiée en 1856 dans l’annuaire du comice agricole par M. Bernard – Fond ancien Evreux.

- Musée des familles, (PG 671), 1861, p. 353-354 – AD Evreux

Le « vieux cimetière » de Verneuil
Le « vieux cimetière » de Verneuil
Le « vieux cimetière » de Verneuil
Le « vieux cimetière » de Verneuil
Le « vieux cimetière » de Verneuil
Le « vieux cimetière » de Verneuil
Le « vieux cimetière » de Verneuil
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Le « vieux cimetière » de Verneuil
Le « vieux cimetière » de Verneuil
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Trésor de la Renaissance - L’église de Tillières-sur-Avre

Michel de Buffières – Jean-Jacques Delarue

Livre d’art autant que d’Histoire, Trésor de la Renaissance - L’église de Tillières-sur-Avre est une invitation à découvrir ou à mieux connaître, comme dans une visite guidée, l’architecture et les décorations de l’église Saint-Hilaire : la longue nef romane, le collatéral gothique, le chœur Renaissance et sa chapelle attenante.

Surplombant des bas-reliefs qui véhiculent un mystérieux message politico-religieux à la veille des guerres de religion, de magnifiques plafonds de pierre sculptés témoignent du talent exceptionnel des artistes de la Renaissance en Normandie et rendent hommage, dans une incroyable constellation d’armoiries polychromes, aux seigneurs qui administrèrent Tillières depuis le XIe siècle.

Le livre très documenté de Michel de Buffières, illustré par de superbes photos de Jean-Jacques Delarue, montre aussi comment la Normandie eut un rôle de précurseur dans l’architecture de la Renaissance mais aussi dans l’expression d’une ferveur mariale qui allait devenir un dogme.

L’ouvrage explique le lien entre l’art el la foi et raconte l’histoire d’un orgue électropneumatique du XIXe siècle, monumental, restauré en 2007 et installé dans l’église de Tillières-sur-Avre.

FG Editions 2015 – ISBN 978-2-906806-41-2

L'ouvrage est disponible chez Isabelle Anfray - l'Atelier à Verneuil-sur-Avre, et chez Marie Boutique à Tillières-sur-Avre.

Rectificatif - A la page 14, une modification est à apporter ; le grison n'est pas un grès, mais un conglomérat de silex et d'argile ferrugineuse, que l'on trouvait en plaques à environ 60 centimètres de profondeur lors du défrichement ou de labours. Il fut utilisé en masse du 11ème au 13ème siècle pour la construction.

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Le Becquet, site classé, vient de connaître des aménagements permettant aux amateurs de patrimoine et aux touristes d'y accéder plus facilement. Ces nouvelles installations ont été inaugurées le samedi 6 septembre 2014. Il est situé sur la commune de Bourth, et on y accède par la RD55 conduisant de Bourth à Breteuil.

L’eau dans Verneuil est et a toujours été un élément primordial.

Lorsqu’en 1124, Henri 1er Beauclerc décide de fonder la ville, sa frontière sud est marquée par la rivière d’Avre et probablement une zone marécageuse. Cette zone est endiguée et transformée en étang, l’étang de France qui permet une régulation des eaux des fossés et offre une réserve d’eau et un vivier poissonneux (important à une époque où la consommation de viande est rare et réglementée par l'église, qui privilégiait d'emblée le pain et le vin au mépris des réels besoins alimentaires et de la qualité des sols). Le château par sa situation au sud de la ville en est un premier rempart en cas d’attaque, et se trouve lui-même protégé par l’étang. Mais très tôt il faut trouver une autre source d’alimentation en eau, et ce pour plusieurs raisons :

  • Le cours de l’Avre a un niveau inférieur aux terres sur lesquelles la cité sera construite et son débit, insuffisant en raison des pertes que la rivière subit, ne pourra pas remplir les fossés qui entoureront la ville.
  • De plus, pour des raisons de développement économique, un réseau de canaux doit traverser Verneuil pour l’implantation des moulins.

Au siècle précédent Guillaume le Bâtard fit alimenter la ville de Breteuil par le creusement d’un canal pour amener l’eau de l’Iton et remplir d’eau les fossés de la ville. L’opération est renouvelée pour Verneuil : un bras forcé de l’Iton est donc creusé à partir d’un lieu dit « le Becquet ». (Le mot tient son origine du mot « bekkr » - patois normand - qui signifie ruisseau, mais on associe aussi ce mot à la forme de la construction en forme de bec). Il longe la route de Bourth à Francheville, puis serpente à travers les prairies de Francheville et Gauville jusqu’aux fossés.

L’eau arrive à Verneuil par le nord. Elle alimente d’une part les fossés vers l’ouest et l’est, d’autre part deux bras traversent la ville pour l’alimentation des moulins. Enfin plus bas au-dessous du moulin de Bâlines, elle se jette dans l’Avre. C’est au total un trajet de 16,5 km.

De plus, tout au long de son cours depuis le Becquet et jusqu’au moulin aux Malades, de nombreuses prises d’eau permettent d’irriguer les terres.

Dans Verneuil ce sont une douzaine de moulins qui sont recensés au cours des siècles. Le plus connu de tous est le moulin des murailles célèbre par son meunier Jean Bertin qui s’illustra pour faire pénétrer les troupes françaises dans la ville en 1424. Les moulins ont eu diverses activités : moulins à farine, moulins à tan, moulin à foulon, ces activités étant le reflet de l’artisanat développé dans la ville. On connait encore de nos jours quelques uns d’entre eux : le Moulin aux Malades, le Moulin à foulon, le Moulin de Plaisance, le Moulin des Murailles, l’Usine du Milieu, le Moulin à Cochon, le Moulin au Vicomte, le Moulin de la Tour Grise, le Moulin à tan…

Au cours des siècles, l’Iton n’étant qu’une petite rivière et sa capacité étant insuffisante pour satisfaire tous les bénéficiaires, de nombreux litiges naissent, que ce soit entre Breteuil et Verneuil, ou entre les exploitants de moulins, les usines, les agriculteurs. Son entretien permanent est nécessaire et, selon les époques à la charge du roi (14ème s.), des riverains ou des communes de Breteuil et Verneuil.

Si aujourd’hui, le Becquet et les bras forcés de l’Iton ne jouent plus ni un rôle économique, ni un rôle de défense par l’alimentation des fossés, il n’en reste pas moins qu’ils participent de la vie de notre cité.

Henri Dotti, alors adjoint au maire, écrivait dans le Bulletin Municipal en juin 1969 : « … il serait souhaitable que chacun ait à cœur d’éviter de souiller l’eau des fossés, ce qui sera désormais possible grâce à l’existence du tout à l’égout… Ainsi nous pourrons espérer conserver longtemps propre ce coin de Verneuil pour le plaisir de tous et plus particulièrement des pêcheurs. »

Pierre Durand

Sources :
La Frontière de l'Avre - Astrid Lemoine-Descourtieux - PURH.
Bulletin Municipal de Verneuil : A propos des Fossés – H. DOTTI – Juin 1969.
Bulletin Municipal de Verneuil : Le Becquet et le bras forcé de l’Iton – Elise MARCHAND – Sept 1973.
Bulletin Municipal de Verneuil : Au fil de l’eau et du temps – Serge BENOIT – Juillet 1987.
Bulletin A.M.S.E. : Le Becquet – Michel LESUEUR – 2ème trim. 2003.
BAULME Agnès, NOËUVEGLISE  Madeleine, 
Etude sur le patrimoine à Chennebrun. Juin1991 - 
Direction Régionale de l’Architecture et de l’Environnement.
Album - Au fil de l'eau du Becquet à Bâlines
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A l’entrée de quelques petites églises du sud du département de l’Eure, ainsi que de l’autre côté de la frontière normande chez nos voisins de l'Eure et Loir (Les pierres tombales anépigraphiques par Régis Dodin), nous marchons parfois sur des pierres tombales anciennes. Il s’en trouve également à la frontière ouest du département. Elles ont un caractère commun : elles sont en grès et ne portent aucune inscription de nom ou de date, mais une croix y est gravée ou sculptée en bas relief. Ce sont des pierres anépigraphes (ou anépigraphiques).

Dans le cas de pierres sculptées en bas-relief elles présentent en ornementation différents attributs : os en croix ou non, cœur, crâne, main, bâton, crosse, barrette, calice, écu…

Dans d’autres régions françaises, des chercheurs ont également étudié ces pierres. Ils font le même constat sur la quasi impossibilité de dater ces pierres anépigraphes, sauf à pouvoir les situer par rapport à leur environnement et à des constructions dont l’histoire est connue. On peut cependant, grâce à de très rares pièces datées, estimer la période de production du 16ème au 18ème siècle. Il en a existé dès le XIème siècle. Les différents thèmes répertoriés sont identiques à ceux que nous trouvons dans notre territoire, évoquant des professions, symbolisant des prêtres ou des pèlerins, et bien sûr les Templiers. Dans ce dernier cas les ornements, outre la croix pattée, représentaient épées et armes du défunt.

Dans nos églises, nous trouvons ces pierres soit comme marche à l’entrée de l’église, soit disposées au sol au niveau du porche ou encore dans le sol de l’église. Ce n’est probablement pas leur emplacement initial et il est difficile de faire une étude scientifique qui pourrait aider à les dater ou à expliquer la raison de cet anonymat. On sait que les inhumations se faisaient dans l’église même sous l’Ancien Régime quoique cela fût interdit depuis plusieurs siècles déjà. Mais bien souvent ce traitement était réservé aux nobles et aux personnages importants ou riches. Le peuple était inhumé à l’extérieur de l’église à même la terre. On retrouve dans certaines églises des dalles funéraires formant le sol, mais il s’agit très souvent d’un remploi, à une époque où des travaux d’assainissement ou de rénovation ont été exécutés. Ce remploi dépassait d’ailleurs le cadre du pavement de l’église : une pierre de belle taille se trouve incluse dans le clocher de l’église de Francheville, or celui-ci a été reconstruit au début du 16ème siècle. Au sommet de la tour de l’église de La madeleine de Verneuil une moitié de dalle figurant une tête de mort et des ossements croisés sert de pavage. Dans une maison une des marches menant à la cave n’est autre qu’une de ces dalles.

Leur forme est généralement rectangulaire, mais leur taille varie énormément en longueur et en largeur. Cela peut avoir diverses significations : pierre tombale protégeant une tombe pour les plus grandes, pierre marquant seulement l’emplacement d’un corps pour les plus petites. Il y a éventuellement des pierres marquant la tombe d’un enfant. Les côtés sont parfois irréguliers, le dessous présente l’aspect d’une taille brute sans finition, ce qui indique une pose directe sur la terre.

L’anonymat peut avoir plusieurs significations : une directive épiscopale (c’est le cas pour des prélats inhumés à Maguelone dans l’Héraut), une mort honteuse, ou tout simplement une marque d’humilité.

Les pierres tombales anépigraphes
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