Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Memory 27

Le blog de Memory 27

Ce blog est dédié au patrimoine et à la mémoire. Mémoire des pierres, mémoire des hommes. Nous sommes tous potentiellement des "passeurs de mémoire".

Publié le par Memory 27

I - Sa vie, son œuvre

Le docteur Georges Celos se porte volontaire pour partir au front. Il est nommé à Verneuil à l’hôpital complémentaire des Roches où il arrive le 14 août 1914. Il est médecin aide-major de 1ère classe. Dès son arrivée il s’éprend de la ville et de ses monuments. Il va se passionner pour l’histoire de Verneuil. Cette passion lui vaut une belle aventure le jour de son arrivée : « … je viens en ville et, stupéfait de ses richesses archéologiques, je regarde les secrets du passé. Alors on crie qu’un espion est en ville, et je suis arrêté. Mrs Oudin , maire et Pietrera, commissaire, n’acceptent pas mes papiers en règle, ni mes dires.. » . Tout se termine bien heureusement après qu’un médecin des Roches ne témoigne de son identité.

A Verneuil, il est en contact avec le Chanoine Porée qui lui offre « L’Eglise Notre-Dame de Verneuil », écrit par l’abbé Dubois. Il passe son temps libre à regarder les monuments, les statues, et à faire des recherches en archives.

En 1917, vers Noël, il est muté à Rouen à l’hôpital auxiliaire N°10 « une boîte à mouchardages et à paperasses, à l’intérieur, comme vieille classe ». Il reste assez peu de temps, car cette vie loin du front ne l’intéresse pas. Il s’y ennuie à mourir. La Comtesse de Custine, qu’il a connue à Verneuil alors qu’elle était infirmière à l’hôpital complémentaire N°33, intervient en sa faveur et sa hiérarchie l’envoie à Dunkerque comme médecin de la formation militaire à l’hôpital. C’est dans cette ville qu’il vit probablement la période la plus dramatique, mais aussi la plus intense de sa vie : l’avance des Allemands en avril 1918, les grands bombardements de l’été, la Grippe Espagnole. Malgré un emploi du temps très chargé à l’hôpital il en trouve encore, entre deux bombardements, pour continuer ses recherches sur Verneuil à la bibliothèque de Dunkerque. On le voit également parcourir les ruines « au mépris du danger » pour dessiner des maisons bombardées, des vues du port, des bateaux anglais. Il signe alors ces dessins « le M.A.M.[1] Celos ». Cette période de guerre l’a meurtri. On le verra aigri, ayant parfois des difficultés avec sa hiérarchie, ses condisciples ; il revendique aussi beaucoup pour les autres, ceux qui ont mérité et pour lesquels ces mérites n’ont pas été reconnus. C’est un intransigeant.

Après la guerre il rentre à Paris. Le retour est difficile : « Il y a longtemps que j’ai quitté notre glorieuse ville de Dunkerque – 3 années d’après guerre, plus dures que les années de guerre[2] ». Il écrit, traitant de divers sujets (histoire, statuaire, médecine, guerre). Jusqu’en 1912 il avait eu recours à un imprimeur pour l’édition de ses livres (les 3 « Pain Brié » et « Quelques-uns des secrets de Venise »). Il se fâche avec lui et décide d’éditer ses écrits et de les imprimer lui-même sur une presse à bras qu’il a entièrement construite. Il déclare : « le matériel typographique que j’ai créé, s’il donne des résultats encore bien imparfaits, me permet du moins de ne plus dépendre d’un rédacteur ou même d’un typo. Je me suis affranchi pour la plus noble besogne : la réalisation matérielle de ma pensée. » Ses textes ne sont pas préparés à l’avance ; il a appris la typographie et compose directement. On le voit dans ses textes originaux : le premier fascicule, Jean Bertin le libérateur, imprimé en 1921, montre ses difficultés à maîtriser la typographie. En 1922, c’est La Signature du Grand Cardinal ; en 1923 L’Homme de Fer, Une Pierre Tombale, Cinq Pierres ; en 1925 La Raison, l’Être suprême ; en 1926 Verneuil la Belle : la Tour ; et en 1929 La Tête de douleur.

Il revient à Verneuil après la guerre à plusieurs reprises - entre 1922 et 1926 - pour terminer les études sur La Madeleine et sur Notre-Dame qu’il avait commencées durant la guerre. C’est de cette époque que sont datés, pour la plupart, ses dessins, signés Zorzi Célos.

La vie de Georges Célos après-guerre semble un peu confuse, nous avons bien peu d’éléments. Le dernier recueil écrit sur Verneuil date de 1929, viennent après en 1932 Clair de Lune, plusieurs contes de guerre pour amuser les enfants, et en 1934 un ouvrage médical dont il est co-directeur, puis plus rien.

Dans le livret qu’il consacre à son ami Marcel Aumont de Honfleur, en 1925, il apparait très désabusé. Il parle de cette petite ville qu’il retrouve après des années avec beaucoup de nostalgie, mais c’est une grande tristesse qu’il a en lui : « Un monument aux morts rappelle notre marche vers un avenir toujours plus sombre… Et devant les tristesses du futur, je songe que si je ne reste pas à la prochaine … je n’aurai donc plus qu’à attendre le moment de léguer aux Prosecteurs de Clamart[3], le seul héritage que l’État n’ait pas encore taxé : mes os. »

La prochaine arrive, il veut à nouveau s’engager, mais on le lui refuse en raison de son âge. Il ne s’en remet pas et meurt le 20 septembre 1939 dune congestion cérébrale.

[1] Médecin Aide Major

[2] Nuits de deuil, jours de gloire, 1923.

[3] Amphithéâtre d’Anatomie des Hôpitaux de Paris

Georges Célos avait un frère Gabriel archéologue. Lottin de Laval était un grand ami de la famille.

Mes chaleureux remerciements à Gabrielle, la nièce de Georges pour sa précieuse aide.

LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS

LE DOCTEUR GEORGES CELOS

II – Dessins

Georges Celos nous a laissé un certain nombre de gravures. Elles concernent en grande partie Verneuil, mais également Dunkerque. Pour ces dernières il signe le « M.A.M. Celos » en sa qualité de médecin aide-major. Pour Verneuil il a adopté une autre signature  « Zorzi Celos », en souvenir des ses voyages à Venise. La période relative à ses gravures s’étale de 1898 à 1927.

 

Un ami m’a dit de lui : »C’est un fou ». Il est vrai qu’il a certins côtés excentriques, il est inclassable, mais alors, qu’étiez-vous donc, docteur Georges Celos ?

Médecin, archéologue, ou tout simplement… fou ?

Fou d’Histoire ? A coup sûr, vous l’étiez, vous nous en avez laissé de nombreux témoignages.

Fou d’amour ? Arrivant à Verneuil en 1914, vous êtes follement tombé amoureux de la tour de La Madeleine et de ses statues.

Fou, comme le bouffon du roi ? C’est ce que vous êtes lorsque vous dialoguez avec votre illustre… précurseur, Gutenberg.

Fou, un peu tordu ? Oui probablement, pour vouloir nous prouver que la libération de Verneuil, le 20 juillet 1449, était un dimanche. Que de calculs !

Fou comme excessif ? Quel boulanger, dites-moi, ira « faire ses humanités » pour réussir la fabrication du pain brié ?

Fou comme enragé ? Comment ne pas l’être face à la conduite de certains de vos collègues ou de vos supérieurs en cette période troublée que fut la Grande Guerre !

Fou comme déraisonnable ? Lorsque vous braviez les bombardements de Dunkerque pour aller dans les ruines croquer les vestiges encore fumants de telle ou telle maison.

Fou dépressif lorsqu’en 1939 on vous refuse de partir au front ? Vous n’avez pas supporté ce dernier affront des hommes à votre égard.

 

Mais ne faut-il pas souhaiter qu’il y ait plus de fous comme vous autour de nous ? Car ces fous nous éclairent, forcent notre admiration, nous font réfléchir sur la vie, sur ce qui nous entoure, sur des choses que nous ne voyons plus, car parfois notre vie est terne, sans surprises, et nous voyons les jours défiler sans fin, sans rien.

Oui, Georges Celos, vous étiez fou, et les titres de vos écrits en attestent : La tête de douleur, l’Enfant coupé en morceaux, l’Homme de fer … Mais tout cela a un sens, et vous le dites vous-même : « Il y a rapport entre tout ici-bas. Tout se tient ».

Vous aviez soif, soif de comprendre ce qui était obscur, soif de faire partager vos lumières.

Vous étiez un humaniste, un homme de la Renaissance, cette période de l’histoire qui vous a passionné et dont vous nous avez parlé avec tant de foi, tant de … folie.

LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS
LE DOCTEUR GEORGES CELOS

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog